Sa vie, son oeuvre

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Albéric Magnard est né à Paris le 9 juin 1865, mort à Baron-sur-Oise, le 3 septembre 1914.

Son père, Francis Magnard (1837-1894), est rédacteur en chef puis directeur du journal « Le Figaro », à partir de 1875. Sa mère Émilie Bauduer (1837-1869), se défenestre et meurt le 2 avril 1869, Francis Magnard se remarie avec Olympe Broyez.

Entre 1876 et 1882, comme tous les enfants de bonne famille, Albéric Magnard prend des leçons de piano. Il a comme professeur Charles Delioux, la coqueluche de l’époque.

Albéric Magnard obtient son baccalauréat en 1882, de 1883-1884, il effectue son service militaire, dont il sort sergent (il est promu lieutenant en 1888), puis s’inscrit à la faculté de droit.

En août 1886, il assiste enthousiaste aux représentations de Tristan et de Parsifal à Beyreuth. Il s’inscrit au Conservatoire, dans la classe d’harmonie de Théodore Dubois en novembre. Il suit également les cours de Massenet. Il y rencontre Guy Ropartz, avec lequel il se lie d’amitié. Ce dernier le présente à César Franck et à Ernest Chausson.

Il obtient sa licence de droit en 1887. En 1888, après un premier Prix d’harmonie, il quitte le Conservatoire, et suit les cours de composition de Vincent d’Indy à la Schola Cantorum jusqu’en 1892.

Parallèlement, jusqu’en 1894, il effectue de nombreux voyages. Très actif dans le milieu mélomane parisien, il éreinte musiciens et chefs d’orchestre, s’attirant de solides inimitiés. Il écrit également des articles dans le Figaro.

Très amoureux d’Henriette de Bonnières (1854-1906 : épouse de l’écrivain et critique au « Figaro » Robert de Bonnières) dont il fréquente le salon, il lui dédie diverses mélodies.

En 1888-1889, il compose sa première symphonie (dédicacée à Vincent d’Indy), et son premier opéra, Yolande, qui est créée au théâtre de la Monnaie à Bruxelles en 1892, grâce à l’influence de son père, qui met son journal au service de la promotion des compositeurs de la Schola cantorum.

Son père décède le 18 novembre 1894. Il compose le Chant funèbre, pour orchestre.

Avec le décès de son père, il perd une précieuse protection, et les portes se ferment alors pou lui, y compris au Figaro, où l’on n’accepte plus ses articles.

Le 15 février 1896, il se marie avec Julia Creton, rencontrée en 1891, et dédicataire de ses Promenades (op. 7).

La même année, il achève sa troisième symphonie, et commence à enseigner le contrepoint à la Schola Cantorum, où il a Déodat de Séverac comme élève.

En 1899, il organise un concert de ses propres œuvres avec notamment ses 2e et 3e symphonies. La même année, peu après le célèbre article d’Émile Zola dans le journal l’« Aurore » (13 janvier 1898, mais en 1897, le « Figaro » avait déjà publié trois articles d’Émile Zola sur cette affaire), il démissionne de l’armée, où il effectue des périodes, en soutien au capitaine Dreuyfus. Il compose à cette occasion son l’Hymne à la justice [voir l’« affaire Dreyfuss »]. Sa démission est refusée au regard de la violence de ses propos. Il lui est proposé de réitérer sa demande dans des termes plus mesurés.Manoir des fontaines

En 1902, sa sonate pour violon et piano (op. 13), dédiée à Eugène Ysaye, est créée à la salle Pleyel.

En 1904, il achète un manoir (le manoir des Fontaines) à Baron-sur-Oise, où il se retire avec son épouse et sa fille Ondine.

 

Guy Ropartz, qui dirige le Conservatoire de Nancy, tente de faire connaître l’œuvre de son ami en la programmant dans les concerts qu’il dirige.

De nature méfiante et rebelle à l’administration de la société, il ne confie pas ses œuvres aux éditeurs traditionnels. Il les édite et diffuse lui-même, et utilise un temps, les services d’une imprimerie coopérative communiste, qui s’avèrent être trop onéreux.

En 1911, l’Opéra-Comique de Paris crée son opéra Bérénice, qui ne fait pas grande impression.

Après la déclaration de la Première Guerre mondiale, il fait déménager son épouse et ses filles par sécurité, et reste seul dans sa maison pour attendre l’arrivée des troupes allemandes (son enrôlement dans l’armée est refusé en raison de son âge). Le 3 septembre 1914, il semble qu’il ait abattu un soldat allemand d’un coup de feu. Il meurt dans l’incendie du manoir des Fontaines. Il ne put être identifié. Avec lui disparaissent toutes les copies de Yolande, deux actes de Guercœur, et la série de 12 poèmes en musique, ses dernières compositions.

Source : http://www.musicologie.org/Biographies/magnard_alberic.html